Historique

L’engagement du Centre multiethnique (CMQ) prend ses fondements dans l’histoire de 400 ans d’immigration à Québec qui n’a pu se construire sans la solidarité et le soutien des personnes déjà installées et des communautés religieuses à l'égard des nouveaux arrivants. Formalisé au début des années 60, cet engagement accompagnera l’évolution de la ville de Québec s’ouvrant alors à la modernité et à la laïcité.

Le cheminement du CMQ suivra, durant cinquante années, les réflexions et décisions des gouvernements fédéral et provincial en matière d’immigration et d’accueil de  personnes réfugiées. Peu à peu, son intervention purement bénévole se transformera en services professionnels enracinés dans une tradition d’accueil, de soutien à l’adaptation et à l’intégration de personnes venues d’ailleurs désireuses de trouver la paix et une vie harmonieuse dans une ville qui va s’ouvrir, peu à peu, à la diversité.

1960 : l’Organisation des Nations unies décrète cette année «année internationale des réfugiés». Mme Blouin, qui en assumera la première présidence, et son équipe profitent de ce contexte pour créer formellement La Fraternité canadienne. L’organisme s’appuie alors entièrement sur des bénévoles. Il organise, chaque année, six grandes activités, surtout culturelles, consistant en rencontres et fêtes à caractère folklorique destinées à faire connaître aux uns et aux autres les coutumes et cultures des divers pays d’origine des personnes déjà installées ou s’installant à Québec et à faire prendre conscience de l’apport économique et culturel des nouveaux venus dans la communauté.

1970 : La Fraternité canadienne de Québec inc. élargit son mandat en intégrant davantage de services sociaux. Sa mission fondée sur la devise «Amitié-Culture» se traduit maintenant dans des activités socioéconomiques telles des conférences sur la vie au Québec et au Canada et des séances d’information sur différents services gouvernementaux. L’organisation n’est plus uniquement composée de femmes. À partir de 1974, l’organisme tient un bureau ouvert toute l’année.

1980 : La Fraternité canadienne de Québec inc. obtient une nouvelle charte et s’incorpore sous un nouveau nom, La fraternité multiculturelle de Québec inc. Sa mission évolue vers l’accueil et l’intégration des personnes immigrantes ainsi que la création de liens d’amitié entre les différentes ethnies et la communauté d’accueil. Un programme de jumelages est mis sur pied. Jusqu’à ce que les gouvernements du Canada et du Québec s’entendent pour que le Québec ait juridiction sur la sélection, l’accueil et l’intégration des personnes immigrantes sur son territoire et que les budgets soient transférés au Québec, l’organisme reçoit des subventions des deux paliers de gouvernement.

1990 : La fraternité multiculturelle de Québec inc. change de nom pour devenir le Centre multiethnique de Québec (CMQ). Membres et administrateurs sentent le besoin de redéfinir les objectifs en fonction des besoins variés grandissants d’une clientèle plus exigeante et de ce que la communauté d’accueil peut offrir. Un nouvel élan anime l’organisme.

2000 : Le CMQ quitte les locaux dans lesquels il est depuis 20 ans, rue Père Marquette, pour s’installer rue de la Couronne. Les partenariats avec de nombreux organismes de la région qui ont commencé à voir le jour dans les années 90 se développent et se précisent. Différents programmes sociaux, culturels et sportifs sont mis sur pied dans des domaines touchant sa mission, dont, notamment, le logement, les écoles et les garderies.


Faisant enfin reconnaître la santé comme un besoin à combler dès l’arrivée, le CMQ s’allie au Centre de santé et de services sociaux et au ministère de l’Immigration et des Communautés culturelles pour que les personnes réfugiées aient accès à un bilan de santé et soient ensuite orientées rapidement vers services nécessaires dans les trois mois suivants leur arrivée.

Ses activités de rapprochement ont pris diverses formes, au fil du temps, plus culturelles et folkloriques, sous la bannière Amitié-culture dans les années 60, tournées vers le jumelage et la conscientisation de la société d’accueil dans les années 80, faisant davantage appel à la responsabilité des différents acteurs dans les années 2000. Elles restent cependant fondamentalement axées sur la nécessité de favoriser les liens entre nouveaux arrivants et société d’accueil ainsi que sur l’adaptation des premiers à leur nouveau milieu socioculturel.

Le CMQ a su, en cinquante ans, parfois non sans mal, s’ajuster à des contextes sociopolitiques en évolution, comme le changement de nom de Fraternité canadienne de Québec inc. en Fraternité multiculturelle de Québec inc. d’abord puis enfin en Centre multiethnique de Québec l’atteste, et à différentes transformations grâce au dévouement de nombreuses personnes qui avaient et ont encore la conviction que l’immigration est essentielle au développement de Québec; que soutenir et accompagner l’installation et l’intégration des nouveaux arrivants ne peut qu’être bénéfique pour l’ensemble de la communauté.

Ces personnes croyaient aussi et croient encore fermement que les citoyennes et citoyens d’une société démocratique et bien nantie ne peuvent rester sourds à la détresse des personnes réfugiées et sans asile et que c’est un devoir de leur venir en aide. Par ailleurs, si le CMQ s’est peu à peu professionnalisé et agit maintenant dans un cadre gouvernemental rigoureux, il n’a pas renoncé à un rôle de défense des droits des personnes dont il soutient l’adaptation, ne perdant jamais de vue la dimension humaine de sa mission.

Mme Blouin, première présidente et fondatrice

de la Fraternité Canadienne avec son équipe.

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